~*~ Nee's life ~*~

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le 05/08/2006 à 20h57
Le Métro Quotidien



Il était 10h07. Je me souviens plus pourquoi ça m'a marqué. 10h07. Au fond je n'ai jamais porté d'importance à l'heure. Mais là...
10h07. Dans le métro. Comme d'habitude, j'observe. Le passe temps du métro. Je voisfiler des femmes qui vont à leur course. Leur marché. Y en a de jolimenttues. Manteau de fourure et bottes en cuir. C'est l'hiver.
Elles se scruptent les unes les autres. A celle qui sera la plus à la mode. A celle qui aura le dernier Jean's de chez CK.

Elles retombent. Elles oublient qu'elles n'ont plus quinze ans. Elles oublients que leurs maris les laissent chaque matin avant que les gosses se lèvent, et qu'ils rentrent lorsqu'il n'y a plus qu poser ses pieds devant lalévision. Elles oublients qu'aps avoir fini leur course elles devront encore faire le repassage, et tant d'autres corvées quotidiennes. Le train train quotidien. Le métro quotidien. Et voilà. Elles s'oublient.

Et tandis qu'elles serrent les dents, le regard noir, le regard amer, il y a cette autre femme avec cette enfant dans les bras.
Elle l'emmène chez le decin. Oui. La gamine tousse entre deux sanglots. La femme la serre plus fort encore.
Une femme. Comme les autres. Et pourtant. Si différente. Ses cheveux roux flamboyants en bataille, qu'elle n'a pas pris le temps de coiffer. Ses yeux noirs, pleins d'amour, qu'elle n'a pas pris le temps de maquiller. Cette bouche qui s'entrouvre pour laisser échapper un doux sifflotement. Une mélodie.
Une femme. Sans alliance ni vernis. Les mains abîmées d'avoir trop lavé. De frêles épaules recouvertes d'une veste en jean trop légère pour la saison.
Une femme. Agée, mais pas trop. Jeune, mais pas assez. Une femme.


Mon regard s'éloigne. Passe de siège en siège. Beaucoup son vides. Pourtant. Oui. Lui, il reste debout. Lui. Le seul du compartiment. Ce Lui.
Lui aussi observe. Et au moment où je plonge mon regard dans ses yeux. Il plonge le sien dans les miens. Regards. je ne lâche pas. Lui non plus. Regards malicieux. Je ne cligne pas des yeux. Lui non plus. Un brouillard s'incruste entre nous. Tant pis. Te continue. Mais... Ce sont mes larmes. Je serre les dents. J'veux pas de cette faiblesse. Les larmes coulent. Elles fuient. Lui aussi. Il a deux larmes sur les joues. Lui aussi. Il serre les dents.

L'inconnu du métro.

Je déteste l'inconnu, l'étranger. Les surprises. Je déteste. Je dois lui parler. Oui ou non ?

Hésitation.

Trop tard. Une voix horriblement sexi sonne dans le haut parleur. Une voix inconnue. Je la hais. Une gare. Gare de Lyon. Tout le monde descend. Mon monde. Lui.
Je me retrouve seule. L'impression trop amère d'avoir toujours été seule. Je ferme les yeux. Sous mes paupières. Je l'imagine remontant dans le waggon. Le sourire dans les yeux. L'envie sur les lèvres. Un rêve dans le coeur. Je suis comme ça. Lui ? Il est là. Face à moi. Cheveux blonds. ches de rousseur. J'aime. Les yeux verts. J'aime. D' vient ce Lui ? De mon monde. De mon rêve. J'ouvre les yeux. C'est trop tard. Je le hais.

Commentaires

Par bibilapine le 19/08/2006 à 15h21

Je pense que c'est toi qui a ecris, en tout cas, c'est vraiment super sympa à lire !



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